poupée

 

Avril 2010

 

 

C’était un jour de printemps, mais on aurait dit l’hiver….
Depuis quelques jours, je ressentais que quelque-chose était en train de se passer. Ces conversations téléphoniques, l’air renfrogné de mes maîtres, cette journée de printemps froide et pluvieuse annonçait quelque-chose de différent… Quand mes maîtres m’ont passé mon vieux collier, et m’ont portée jusqu’à la voiture, j’ai cru comprendre : une promenade ? Le vétérinaire ?... Pourquoi ? Je me suis frileusement pelotonnée à l’avant du siège du passager, et j’ai attendu, roulée en boule comme j’avais l’habitude de le faire. Il faut dire que je suis plutôt ronde : une petite chienne cavalier, blenheim, toute ronde, avec des yeux tout ronds : Une jolie Poupée, c’est mon nom.
 

 

 

Le 3 avril 2010. C’est idiot : je ne connais même pas les dates du calendrier et pourtant, cette date-ci était celle d’un nouvel âge de ma vie. Plus rien ne serait pareil. Mes maîtres ont arrêté la voiture. Ils ont ouvert la portière de mon côté. Nous étions sur un parking. Un monsieur et une dame étaient là, dehors, et attendaient. Attendaient quoi ? Je n’ai pas tardé à le savoir ! Mon maître m’a prise dans ses bras, et m’a mise dans ceux du monsieur. Il m’a porté dans une autre voiture, côté passager également. Je me suis immédiatement roulée en boule à l’avant du siège. Je ne comprenais rien.

 

 

La dame a parlé un moment avec mes maîtres, puis ils sont remontés dans la voiture. La dame, je l’ai su plus tard, s’appelait Karelle et faisait partie d’une association qui sauvait des petits chiens comme moi, j’étais devenue une asenackienne !

 

*

 


Nous sommes arrivés dans un joli coin de banlieue, tout le long du trajet, on me parlait, on me faisait des bisous… Moi qui aime tant les bisous ! Je n’en avais pas eu tant que ça, avant… En arrivant, je leur faisais déjà confiance…
Mes « nouveaux maîtres » habitaient un petit appartement clair. Ils ont dû me porter pour y monter : je n’avais jamais vu un escalier de ma vie ! Une fois chez eux, je n’ai pas compris : les canapés… les coussins partout… je n’avais jamais vu tout ça ! Et, je pouvais en disposer à mon gré... Ils souriaient avec tendresse de mon étonnement : je me sentais cruche !


 


 

 

Je ne sentais pas très bon, j’étais pleine de puces, toute emmêlée… La dame et le monsieur ont dit qu’ils n’avaient jamais vu ça, que c’était incroyable ! J’ai pris un bain, avec quelque-chose de parfumé et de moussant qu’ils appelaient shampooing. Je découvre beaucoup de choses ici. C’était agréable. Puis ils m’ont peignée longuement, démêlée, bichonnée. Je me sentais mieux… C’était vraiment une nouvelle vie qui commençait ! Il y avait d’autres chiens comme moi : un mâle tricolore, très beau avec une grosse tête, et deux femelles qui m’ont un peu snobée… Il y avait aussi un gros chat noir tout mou et gentil, qui m’a souhaité la bienvenue. Le souci, c’est que le mâle a commencé à me tourner autour… !

 

 

Il commençait à s’énerver de plus en plus, il avait senti que j’avais souvent eu des bébés avant et il m’aurait bien conté fleurette ! Hors de question, pas de ça chez nous ! surtout que le monsieur tricolore n’est pas tout jeune et cardiaque, cela pouvait devenir très vite dangereux pour lui. Il pouvait même en mourir ! Moi, je ne comprenais rien… Je n’avais rien fait, je ne voulais pas qu’il meure, ni que personne n’ait des problèmes par ma faute ! Je voulais juste un chez-moi pour me mettre en boule dans un coin… Le mâle a jappé et haleté toute la nuit… Il me fatiguait… Je n’ai pas pu fermer l’œil…et les deux pattes non plus !

 

 

 

Le lendemain matin, nous avons repris la voiture. Le monsieur et la dame avaient l’air tout triste. Nous avons roulé longtemps… La dame me tenait tendrement sur ses genoux, m’embrassait souvent. J’ai cru comprendre qu’ils m’emmenaient chez quelqu’un qui allait s’occuper de moi, encore. Quand la voiture s’est arrêtée, nous étions devant un portail, celui d’une pension canine. Très jolie, vue de l’extérieur. Un autre monsieur nous a ouvert, il a dit que je serais très bien ici, en pleine nature avec beaucoup d’autres chiens en attendant de trouver enfin la tranquillité, la paix et l’amour d’un foyer dont j’ai besoin.

 

 

 

 


Mai 2010, quelques semaines plus tard, des adoptants s’impatientent pour m’accueillir et m’aimer comme il se doit, il a fallu organiser pour moi un covoiturage phénoménal ! De la région bordelaise, je suis accueillie en région parisienne où je vais reprendre une autre voiture qui m’amènera en Bretagne pour que je puisse enfin poser mes bagages ! je suis une chienne parfaite, zéro défaut, je vais faire le bonheur de ma nouvelle famille ! Choupette sera mon nouveau nom, nouvelle vie, nouveau départ dans un monde merveilleux, je laisse mes nouveaux maîtres vous raconter,

 

A bientôt, mais ne vous inquiétez pas, je suis heureuse et câlinée.

CHOUPETTE