LOLA

 

 

 

LOLA - mai 2009

 

 

 

 

Un appel téléphonique comme il en arrive de plus en plus souvent à l’Asenack directement :

- « Nous avons une petite Lola, chienne cavalier King Charles tricolore qui appartenait à ma belle mère. Son fils lui avait offert tout en sachant qu’elle n’aimait pas les chiens, elle l’a gardé avec elle pendant deux ans mais nous avons été obligé de la lui reprendre et c’est ma fille qui s’en est chargée. Depuis deux ans Lola est donc avec nous, mais ma fille va partir pour le Canada, et nous ne pouvons pas garder la puce car nous voyageons beaucoup et nous ne pouvons nous en occuper, pouvez vous trouver une bonne famille pour la petite chienne ? »

- « Mais oui, Madame aucun souci, mais votre fille est-elle d’accord pour que nous nous occupions de son placement ?

 

 

 

- « Oui, complètement car c’est elle qui a trouvé vos coordonnées et qui m’a dit de prendre contact avec vous, car elle est en stage en ce moment. Par contre, je dois vous dire que nous avons des soucis avec cette chienne, qui a du mal à manger seule, qui tourne souvent sur elle-même, qui aboie derrière toutes les voitures quand elles passent et qui a quand même un comportement bizarre, elle se tapit et se recroqueville sur elle-même, elle est très craintive, enfin bref elle n’est pas comme devrait l’être un chien de cet âge. »

 

 

 

 

Et voilà, encore du travail pour notre Gisèle, comportementaliste et déléguée dévouée à l’Asenack, petite Lola aura bien besoin d’être rééduquée et il faudra savoir pourquoi elle réagit comme ça.  Aucun souci Ninette, Gisèle confirme sans hésiter « on prend la chienne à la maison, on va s’en occuper  et nous la remettrons « en état » ! et s’il faut qu’elle reste longtemps en transit, ce n’est pas grave on la gardera le temps nécessaire pour lui trouver la famille idéale et on vous préviendra quand elle sera bien dans sa tête pour partir ailleurs.

 

 

 

Une petite heure de route et je suis devant ma nouvelle maison, une fois dans le jardin, le monsieur, qui s’appelle John,  fait sortir ses Cavaliers et même un Boxer. Grosse surprise, ils sont nombreux. Tous sont là à me sentir me ressentir, et d’où tu viens etc.…

A midi sa femme Gisèle arrive de son travail, caresses, gros câlins, mais j’ai peur. C’est rien me dit-elle, je vais te bichonner et tu verras tout ira bientôt très bien. En effet j’avais peur de beaucoup de choses, de certains gestes et de certains humains.

 

 

 

Les semaines ont passé, j’allais beaucoup mieux, ce n’était pas parfait, mais je pouvais maintenant partir dans ma nouvelle et définitive famille. Merci Gisèle, tu t’es bien occupée de moi. John lui, c’était les vétos, la « bouffe » et le reste… l’intendance quoi.

Après quelques semaines, rendez-vous est pris avec Ninette, et John est reparti en voiture pour m’accompagner vers ma destinée. Ah ! Ces séparations, que c’est dur, surtout celle là car avec le reste de la meute j’avais fait mon trou. J’espère que je serais heureuse, comme chez Gisèle, John et tous les copains ainsi que la petite chatte Cruella? Quel drôle de nom ! Eh  John, t’en as de ces idées!

Une page se tourne, une autre va commencer


 

 

 

Lola, c’est un joli nom me direz – vous …..Et vous avez raison et  depuis que j’ai quitté ceux qui ne m’aimaient pas et me rendaient malheureuse, très malheureuse, comme vous le savez, je n’ai pas cessé de l’entendre prononcer avec patience, douceur et affection.

Quand Micheline est venue me chercher j’ai sauté dans sa voiture en me demandant ce qui allait encore m’arriver, car j’étais bien chez Ninette : un jardin, des copains, et tout et tout ….

 

 

 

Qu’allais-je donc trouver à Saint –Cloud ?

-Un copain, Victor, un blenheim de la famille ASENACK, lui aussi…, un peu excité celui-là surtout en promenade,  déjà que cela n’est pas facile pour moi de m’habituer à la circulation et au bruit des voitures !

-Un papy, tricolore, tout doux, tout calme,  toujours gentil.

- Une Micheline, qui, connaissant ma triste histoire, était bien décidée  à dissiper mes tristes souvenirs, à me  redonner confiance en l’être humain, car ils ne sont pas tous pareils à ceux qui m’ont maltraitée. Petit à petit, j’ai accepté qu’elle me caresse, qu’elle me prenne dans ses bras ….Je suis même allée sur ses genoux.

 



 

 

Elle m’a emmenée partout avec elle : chez sa vieille Maman, chez son fils à l’étranger. J’ai repris goût à la vie, j’ai bien mangé,  suivi un traitement pour retrouver une belle robe bien brillante, bref : tout le monde m’avait trouvée métamorphosée. A l’occasion de l’intervention habituelle, je devais retourner chez Ninette pendant quelque temps, et ma convalescence terminée,  rentrer à Saint -Cloud. Cependant, dans la rue, ce vacarme, ces monstres à quatre pattes qui passent à toute vitesse, je n’aurais pas pu m’y faire, ils auraient continué à me terroriser (au point de ne pouvoir me concentrer sur la fonction « hygiénique » de mes promenades). Et puis, il faut bien l’avouer, moi, j’aurais aimé une « maman » pour moi toute seule, et ne pas partager les caresses qui m’ont tant manqué.

 

Ninette et Micheline l’ont bien compris.

 

 

 

 

Tout a commencé quand ma maman a perdu son Youpi d’une maladie . Ne pouvant vivre sans compagnon , elle décida de contacter une nouvelle fois l’Asenack , comme elle l’avait déjà fait pour sa belle mère .

 

 

 

Ninette , la présidente , lui parla de moi , Lola . A 4 ans , et ce malgré mon jeune âge , je suis en famille de transit chez elle . Mon parcours est ponctué de souvenirs douloureux . J’ai été offerte à une dame par son fils à la mort de son mari , et ce malgré le fait que celle-ci ne souhaitait pas de chien . Le cauchemar commence alors .

 


 

J’ai été maltraitée . Un calvaire qui va durer deux ans ., et duquel je ressors traumatisée physiquement autant que moralement .

Sa petite fille décide donc de m’emmener chez ses parents avec elle .

 

 

 

Livrée à moi-même , ma peur de l’être humain ne s’améliore pas . Je suis dans un tel état de panique quand je vois un homme que je suis alors même capable de me mettre en danger !

Suite au départ au Canada de ma jeune maîtresse , me voilà arrivée à l’Asenack . Je suis recueillie par une première famille de transit qui m’emmène voir un comportementaliste . Le compte-rendu est sans appel . J’ai bien été victime de grande maltraitance . A un tel point que le médecin ne peut même pas faire tous les examens nécessaires .

 

 

 

 

Je suis maigre . Mon poil est terne . Je suis tellement stressée que la décision est prise de me mettre sous calmants .

Je pars alors de ma famille de transit et arrive chez Ninette , qui a une amie souhaitant m’adopter . Malheureusement , c’est bien trop bruyant chez elle pour moi !

 

 

 

 

 

Maman arrive alors dans ma vie …

 

Je suis une écorchée vive et elle l’a bien compris . Elle prend la décision de m’adopter quand même . Quand elle vient me chercher , je me demande pour combien de temps . Je suis stressée et envahie d’inquiétude . Elle a l’air gentille , mais méfiance , c’est un être humain !

Sur le chemin pour aller découvrir ma nouvelle maison , je me mets sur les genoux et attends . Nous arrivons à la maison . C’est grand ! Je regarde partout , mais avec beaucoup de méfiance . Un grand panier en osier avec un oreiller bien douillet et des peluches m’attendent . C’est pour moi ? Je me lance et m’y blottis . Personne ne me gronde , alors je m’installe

 

 

Je suis le seul toutou de la maison et cela me convient parfaitement . Cette solitude me donne un sentiment de sécurité . Du coup , je fais des progrès chaque jour . Je prends de l’assurance , de la confiance en moi et aux personnes qui m’entourent . Il arrive même un moment où je n’ai plus besoin de comprimés pour mon stress . Cela fait deux mois que je suis arrivée ici  , et je me sens de mieux en mieux . Pas à pas , j’avance dans ce monde qui m’était étranger : celui de l’amour . L’amour avec un grand A !

Quel sentiment agréable de se sentir aimé par toute ma famille !

 

 

Aujourd’hui , je suis une chienne épanouie , qui fait la fête quand son papa rentre du travail . Je fais de grandes parties de jeux avec lui le soir sur notre lit , où j’ai le droit de dormir ( je suis devenue chanceuse ! ) .

Je mange beaucoup mieux . J’ai même pris un peu de poids , ce qui est bien pour moi . Maman n’a de cesse de me câliner , de me parler . Enfin , je regarde les humains dans les yeux , sans détourner le regard , et c’est fascinant … !

 

 

 

 

Je prends mon bain sans crainte . Même le sèche-cheveux ne me fait plus peur . C’est le bonheur . Plus on avance , plus cette peur qui me paralysait s’éloigne .

Ma famille et moi , c’est une histoire d’amour , de complicité , de joie , de jeu … Je souhaite à tous les nouveaux arrivants de connaître un tel bonheur