
Pipo

Et oui l’histoire de Pipo aurait pu être comme celle des autres chiens, aimé, choyé, toiletté. Mais mon maitre et ma maitresse se sont séparés et pour ne pas me mettre à la SPA, on m’a confié à des personnes qui, soit-disant, voulaient faire une bonne action.
Mais voilà, à partir de ce jour, plus de vaccins, plus de câlins, plus rien du tout... des coups de pieds dans le derrière plutôt que de caresses. J’étais vraiment livré à moi-même. Alors, au bout d’un moment, enfin, quelques années plus tard, ils se sont aperçus que je fuguais et que les enfants de la maison faisaient de l’allergie, et oui quelques années plus tard.

Alors, contact est pris avec l’Asenack, pour que l’on puisse me trouver un nouveau maitre et c’est Francoise et Marc qui sont venus me chercher et tout de suite enfin le lendemain.

Je leur ai fait comprendre que je n’aimais pas la voiture, je gesticulais dans tous les sens ? Aboyant, enfin, bref, désagréable comme tout et pendant trois heures je n’ai pas été un cadeau.
Et quand je suis arrivé chez eux, j’ai voulu faire le chef, c’était moi, Pipo, grognant, gesticulant et aboyant aussi vite qu’un des chiens de la maison venait s’approcher du lit ou du canapé.
Après m’avoir bien regardé, ils se sont aperçus que je n’entendais pas. Je leur avais dit mais comme d’habitude, personne ne comprenait rien à ce que je disais : je n’étais pas agressif, j’étais sur la défensive. Il faut tout leur expliquer à ces deux pattes et au bout de quelques jours, je suis devenu un bon Cavalier comme il se doit, très agréable à vivre et très intelligent, enfin, c’est ce qu’ils disent de moi.
Par contre, ils se sont aperçus que j’avais un problème à mon train arrière, et j’avais les pattes un peu raides, (peut-être est ce que ce sont les coups de pieds reçus je ne sais pas, mais je ne marchais pas bien)...

Et voilà, je suis parti vers une autre destination, car ce n’était pas encore la dernière.

Je suis donc arrivé dans une famille avec Ulysse, gros chien, mais lui non plus ne m’a pas fait peur. J’étais quand même calmé et cela s’est très vite passé. Au bout de quelques jours, je suis allé voir le veto pour l’opération d’usage.

Oui mais voilà, je vous raconte mon histoire mais je ne suis plus là, donc je vous la raconte de là-haut, du Pont de l’Arc en Ciel où j’ai rejoint mes copains de l’Asenack, plus tôt que prévu, car lorsque j’ai voulu me lever après avoir été endormi, impossible...
Ma nouvelle famille a téléphoné chez le vétérinaire pour savoir si c’était normal, peut-être certains chiens ont-ils du mal a se réveiller, mais moi je sentais bien que ce n’était pas la grande forme et que je ne pouvais bouger, donc je suis retourné chez le vétérinaire. Ils voulaient absolument savoir ce que j’avais, mais lui était vraiment très inquiet que je ne puisse pas encore me lever ; j’avais pourtant envie mais je ne pouvais le faire. Je leur faisais comprendre avec mes yeux, que malgré ma bonne volonté et surtout celle de rester avec eux, que je ne pouvais le faire, pourtant, je vous jure, j’ai essayé, mais non rien.

Alors, au bout de quelques jours, me voyant dans la souffrance, et eux en pleine douleur, ils m’ont ramené chez le vétérinaire, et je les ai entendu dire « Il n’y a rien à faire, il restera paralysé toute sa vie. »
Non, ça, je ne pouvais l’accepter, et eux non plus, je suis trop jeune pour être toujours couché, ne plus pouvoir galoper, ne plus avoir le soleil qui me chauffe le dos, ne plus avoir l’air qui me rafraichit, ne plus avoir vos caresses alors que j’en avais besoin.
Alors, avec mon regard, je les ai implorés :
« Ne me laissez pas comme ça. Même si vous avez du chagrin, laissez-moi partir. »
Ils ont compris mon message :
« Laissez-moi rejoindre mes copains tout là-haut. Désolé, j’aurais pu vivre heureux avec vous et moi aussi je suis triste de vous quitter, mais laissez- moi partir. »
Et voilà, j’ai quitté la terre où j’aurais pu être si bien et j’ai rejoint tous mes copains de l’Asenack, qui comme moi, auront eu une fin de vie heureuse mais la mienne aura vraiment été trop courte.

Attention aux pattes et aux reins. Donnez des petits coups de torchon si on ne vous obéit pas, disputez-nous si nous le méritons, mais les fessées ne les donnez plus.
Pipo qui aurait pu vous raconter la suite de son histoire mais qui est parti trop tôt et trop vite.


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